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 Artur Silvestri
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Artur Silvestri

Prof. Silvestri (oeuvre et activité)
Artur Silvestri - BUCOVINE.comÉcrivain, historien des civilisations, promoteur culturel, éditeur, fondateur du consulting immobilier en Roumanie, fondateur d’organisations culturelles et civiques, personne à l’activité encyclopédique.

Né en 1953, d’une famille de négociants Aroumains, arrivée des Balkans, ( côté maternel) et de boyards d’Olténie, de la famille du fameux Iancu Jianu; arrière-petit-fils du métropolite Tit Simedrea,
dernier métropolite de Tchernovtsy et de Bucovine, chassé en 1944 par l’occupation russe.

Études de philologie à Bucarest (1972-1976), spécialisation en archéologie (Italie) et en histoire de la culture (Sorbonne, 1979), docteur ès lettres de l’Université de Madras (Inde - 1992); dr. Honoris causa de l’Institut d’Études Médiévales - Barcelone (Espagne). En tant que représentant du mouvement littéraire de la revue „Luceafãrul”, il a lancé le projet de la „Nouvelle géographie littéraire” stimulant la création locale et régionale, ainsi que la décentralisation culturelle; les effets de ce projet furent particulièrement forts et durables.

Auteur d’une trentaine de livres, éditions et synthèses de différents domaines; près de deux cents études d’histoire littéraire et histoire des civilisations, une activité proéminente comme journaliste, pendant une trentaine d’années, concrétisée dans plus de 2.500 titres.

Dès 1992, durant sa période „d’absence publique”, Artur Silvestri s’est consacré aux investissements et à la création de sociétés à l'activité économique, surtout dans le domaine de l’immobilier. Il a le palmarès professionnel le plus remarquable en la matière. Il est actuellement reconnu comme le principal auteur de livres concernant le domaine immobilier en Roumanie. On a même dit que „si le marché de l’immobilier n’avait pas existé, il aurait fallu le constituer d’après ces livres”.

Il créa la seule collection éditoriale spécialisée de Roumanie - „La Bibliothèque immobilière”. Il organisa et coordonna des groupes de recherche concernant l’investissement dans des logements bon marché, durant l’entre-deux-guerres, et concernant „le Centre historique de Bucarest”, rédigeant des rapports indépendants, financés par ses propres moyens. Il travaille actuellement au „Projet Kisseleff”, proposition majeure de développement urbain, visant à constituer un „Nouveau Bucarest”, projet de grande envergure, pour lequel il a mobilisé des spécialistes du monde entier.

Artur Silvestri mène une vie modeste, studieuse et consacrée aux actions culturelles et sociales. Il déteste les mondanités, aime les animaux et la simplicité. Il n’aime pas les voyages. Ses dernières vacances de 1985, il les a passées à écrire un livre. Il est marié à Mariana Brãescu, surnommée „Madame CASA LUX” d’après la fameuse revue qu’elle dirige.

En plus des huit livres actuellement sous presse en Roumanie, il publiera à Paris un volume inédit de philosophie de la culture („Le défi apatride”), une synthèse, en Belgique, („L’Archétype des Moines Scythes”) sur la littérature roumaine et, en Amérique du Sud, un livre de proses fantastiques.

Il est, depuis juillet 2004, docteur honoris causa ès sciences humanistes et sociales appliquées de l’Université Francophone Internationale de Bruxelles et professeur visiteur en gestion immobilière, expertise patrimoniale et disciplines connexes de la même Université, pour l’Union Européenne.

Récemment, on lui a décerné La Croix de Saint Antoine du Désert, grande distinction de l’Église Copte Orthodoxe d’Alexandrie (Égypte) et on a été élu „Accademico” au Centre Culturale Copto-Ortodosso - Venezia (2004).

L’œuvre d’Artur Silvestri est une construction minutieuse et fascinante qui a un sens et un but clair. Son œuvre nourrie de grand fleuve d’idées vie dans le monde fantastique de l’archétype roumain.

Préoccupé par ses idées d’envergure, l’écrivain est à mon avis un continuateur de substance de l’intellectuel Roumain encyclopédiste, dévoré par la passion de construire une Oeuvre, responsable dans chaque geste et par chaque fibre de son être. C’est à dire, l’homme de culture qui se sent responsable de tout ce qui se passe. Il est possible que ce type de vocation nous échappe parfois, en tout cas pourrait être difficile à comprendre par ceux qui l’entourent.

On est tous à présent, habitués avec une vision « parcellée » de la réalité qui nous entoure et dans laquelle on vit, on ressent une difficulté à approcher les grands esprits. Son œuvre se place dans la ligne crée par l’historien
Nicolae Iorga, par l’érudit Bogdan Petriceicu Hasdeu, après par Vasile Parvan et de nos jours, par Zoe Dumitrescu Busulenga ou Edgar Papu.

C’est le jeune homme Artur Silvestri qui a ressenti cette vocation de l’Oeuvre d’envergure. Formé dans une famille qui avait des solides racines dans le sentiment national, il a eu un arrière grand père presque légendaire : il s’agit du dernier métropolite de la Bucovine entre les deux guerres ,
Tit Simedrea, grand défendeur de l’église emprisonné par les communistes.

Grand défendeur, lui-même, des valeurs nationales, archétypales et du courant qui soutient l’importance primordiale des périodes anciennes dans la culture Roumaine et qui mets l’accent sur les racines daces de la société roumaine, Artur Silvestri a abordé des domaines très différentes : écrivain de prose, critique et historien littéraire, il a eu des laborieuses expériences dans l’investigation du phénomène religieux, les premiers écrivains des monastères orthodoxe chrétiennes , l’histoires des églises ou la restitution des manuscrits totalement inconnus.

Son coté d’analyse de l’immobilier (à noter le fait que ses préoccupations de ce genre ont a peine estompé sa renommé d’historien ou prosateur dans le grand public!), commence a devenir un peu dans la ligne de l’écrivain classique Roumain
Alexandru Odobescu 1834-1895 avec son « Pseudokineghetikos » un violon d’Ingres.

Ses analyses comparatives sur l’immobilier, les maisons, les terrains sont plutôt une étude sociologique et d’anthropologie culturelle qui met pour la première fois dans une analyse comparative les étapes différentes de l’histoire récente de la Roumanie : entre les deux guerres , la période de l’occupation stalinienne bolchevique, le début du socialisme, la dictature communiste,la révolution, la transition et le capitalisme de datte récente manifesté par l’apparition des « nouveaux riches » et une perte évidente de goût et de qualité culturelle.

J’avoue que j’ai toujours ressenti une forte solidarité avec ses thèmes favoris qui l’ont affirmé dans le territoire de la culture et que son travail pour mettre à la lumière les manuscrits de
Pius Servien, de l’écrivain inconnu Martin de Bracara , ou du byzantin Ioancu . C’est un travail d’archéologie littéraire qu’il a réalisé d’ailleurs dans les pages d’un magazine littéraire « Luceafarul » (entre 1982-1989) , qu’il a essayé d’ailleurs reprendre dans un format Internet sous le nom de « Luceafarul romanesc » une tribune crée pour les écrivains Roumains de partout.

J’ai écrit il y a peu du temps un essai sur un livre qu’il a publié sur l’oeuvre de
Zaharia Stancu, écrivain contesté depuis quelque temps. Il faut du courage pour approcher en Roumanie certaines thèmes et Artur Silvestri il l’a eu. Même dans les textes de critique littéraire, on voit l’écriture du prosateur, son regard d’artiste et son approche de sociologue.

« Sur le Danube venaient les marchands qui créaient des petits commerces, dans les grandes plaines les chevaux des envahisseurs déferlaient au galop, la poussière venue de l’Asie s’élevait, et dans un endroit quelconque, turque, toutes les langues de l’orient se mêlaient, et de tout ce mélange de grecques, d’arméniens, de celtes, de bulgares, de slaves, de serbes et de turcs c’était plutôt difficile d’isoler un trait autochtone.

Même dans la toponymie il nous reste les traces de ses nouveaux arrivés parce que les noms des fleuves comme « Teleorman », « Calmatui » « Urlui» semblent des reliques d’un idiome asiatique, celte».


Quelle ampleur dans la description , quel verbe ample, enveloppant, quelle atmosphère créé par le critique littéraire qui d’ailleurs fait toujours de la place à l’écrivain, le prosateur capable de décrire des tableaux d’une certaine ampleur. Dans quel but ?

Tout simplement pour avoir accès a cette perspective anthropologique vers les réalités de la vie sur les bords du Danube en déchiffrant les secrets de l’histoire !
Tout le tableau dans ce livre est impressionnant, parce que il fait référence aux sources et aux archétypes, crée pour décrire le monde de l’écriture de Zaharia Stancu, que Artur Silvestri synthétise de la manière suivante :

« Cette aperçu primitif est moderne par son radicalisme et irremplaçable comme la sculpture de
Constantin Brancusi. Dans la littérature Roumaine le poète doit être considéré comme une expression d’une poésie agraire très ancienne, avant la civilisation sumérienne et qui tire ses sèves de l’écriture de Tartaria. »

Conçu en 1987 le livre sur Zaharia Stancu (« La révolte du fond pas consommé » )est la preuve de l’unité de l’œuvre critique d' Artur Silvestri. Elle est en elle-même une construction très réfléchie, animée par des grandes idées et qui vit dans le monde fantastique de l’archétype roumain.

En tant que critique littéraire en même temps, c’est l’écrivain lui-même qui explique mieux la manière de faire la construction de sa prose.

Il s‘agit en effet d’une personnalité complexe, qui n’a pas besoin d’une doublure créé comme c’est le cas de Fernando Pessoa. Cela ne facilite guerre la tache du critique qui fait l’analyse de son écriture mais augmente le délice intellectuel des lecteurs !

Par exemple dans son volume de proses « Perpétuum mobile. Pièces improvisé pour violoncelle et hautbois »
il évoque le nom de Marguerite Duras en créant un monde inspiré par l’écriture de l’écrivaine française .Ce sont des pages qui nous emportent, qui respirent l’émotion artistique, la valeur des sentiments, les rêves secrets, la beauté de l’art et de l’écriture, la confiance dans la nature humaine, dans l’amour et dans la pureté des sentiments.

Dans la préface de son livre, l’auteur lui-même remarque : « Tout ce que j’espérait apprendre par révélation, miracle ou d’une façon rapide, j’ai vite compris que cela va me sera caché. Il me reste le sens impénétrable des Mondes traduits dans le Temps implacable et dans la répétition éternelle ou nous, on est pendant une petite seconde, indéfinie. »

Maintenant quand tous les amis et tous ceux qui ont lu ces œuvres, tous ceux qu’il a aidé dans ses grades projets culturels, en Roumanie et ailleurs, regrette son disparition prématuré, se sont les livres d’Artur Silvestri (1953-2008) qui nous restent, pour apprendre mieux la substance et la densité de son œuvre.


Cleopatra Lorintiu

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Cléopatra Lorintiu est écrivain, poète, journaliste, chroniqueuse, éditrice, productrice, réalisatrice TV, grand reporter et diplomate
 
  
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